Monde cruel

 

 

 

Assis sur un rocher, mes yeux fixant l’horizons. Les nuages obscurcissent le ciel et les vaguent se brisent contre les rochers dans un bruit assourdissant qui fait trembler mon âme. Une brise froide vient soulever mes cheveux. Des gouttes de pluies rendent le tableau encore plus triste. Je contemple le paysage et je repense à la vie, au monde. Dans mon esprit défilent des images de guerres, de famines de violences… des sentiments de tristesse de frustration et de lassitude viennent prendre possession de mon âme. Le chagrin rempli mon cœur et je sent sur mes lèvres le goût amer de mes larmes qui viennent se mêler aux gouttes de pluies. Je me retourne et je vois un ange. Il s’approche de moi et me demande :

- Pourquoi pleures-tu mon ami ?
- Je pleure ce monde, je pleure cette vie.
- Mais pourquoi les pleures-tu ?
- Parce qu’on a pas su en faire bon usage, on les a gâché. Vous avez de la chance vous les anges de vivre au paradis. Là bas, tout est amour et enchantement. Tout est beauté et féerie. Vous êtes des magiciens, vous pouvez faire des miracles. Sur terre il y a malheur et désolation, détresse et perdition.

- Mais c’est vous qui avez de la chance !
- Quelle chance ?
- La chance de pouvoir changer !
- Changer quoi ?
- Changer le monde !
- Mais le monde est cruel.

Et l’ange me répondit :

- Mon ami, quand en hivers, on croise le regard d’un mendiant, qu’on perçoit sa détresse et sa peine. Quand on décèle dans ses yeux cet appel au secours et qu’on ressent son regard chercher en nous une lueur d’espoir, un geste de bonté. Quand on peut voir, à travers ses loques déchirées et son corps affaiblie, son âme détruite et qu’en nous même, on se dit qu’on a pas de monnaie à lui donner, qu’il doit chercher du travail pour se nourrir lui même. Quand on se contente de penser qu’il ne fera pas bon usage de notre charité et qu’on continue notre chemin avec, au plus, un léger pincement au cœur par pitié de cet infortuné et que l’on se dit par la suite que le monde est injuste, là on est malheureux. Malheureux de croire que le monde est cruel alors qu’on ne fait rien pour le changer, même un peu. Quand on ne prend pas le temps de s’arrêter pour aider ce pauvre, parce qu’on risque d’arriver en retard à son travail, quand on ne lui donne pas les billets dans notre portefeuille, parce qu’aux mendiants on ne donne que les petites pièces… peut être que ce mendiant serait mort de faim de toute façon, peut être qu’il se serait acheter du tabac et de l’alcool au lieu du pain, peut être même que c’est un malfaisant. Mais mon ami, quand l’être humain pense à juger avant de penser à aider, il perd son humanité. Etes vous meilleur que ce pauvre ? Vous, pour qui la vie d’un homme ne vaut pas cinq minutes de retard, ou un billet de banque ? le monde est cruel ! mais c’est vous les cruels. Lorsqu’en voyant un enfant pleurer, vous ne faites rien pour lui rendre le sourire. Lorsque vous jeter le maïs à l’océan parce que vous en avait trop produit alors que, non loin de vous, des gens meurent de faim. Lorsque vous abattez un cheval qui ne peut plus gagner de courses. Lorsque vous semez des mines au lieu de semer du blé. Lorsque vous pensez que vos problèmes vous suffisent. Lorsque vous appauvrissez vos semblables pour mieux leur faire la charité. Lorsqu’au nom de Dieu vous osez tuer. Lorsque vous vous attardez sur vos différences et oubliez que vous êtes tous des êtres vivants. Lorsque vous cherchez la lumière de la vérité et étouffez la lumière de votre âme. Lorsque vous cherchez à tout savoir sur l’univers et oubliez que vous en faîte partie. Lorsque vous oubliez que votre conscience est votre meilleure amie. Lorsque vous refusez votre sourire parce qu’il fait gris ! Là vous êtes malheureux. Tu me parles de magie ! mais vous êtes les plus grand magiciens que l’univers ait connu. Vous avez vaincu les plus grand fléaux, volé dans le ciel, marché sur la lune. Vous avez transformé le désert en oasis, l’eau de mer en eau douce. Vous avez construit des barrages. Vous avez maîtrisé l’atome, percé ses secrets. Vous avez le pouvoir de changer l’obscurité en lumière, les souffrances en joies, la haine en amour. Mais vous n’avez pas conscience de ces pouvoirs. Et le pire sera toujours de croire que c’est ainsi et qu’on ne peut rien y faire !

 

 

 

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