Délire d'un fou

 

Francité

Note de l'auteur:

Le texte de cette page peut vous paraître interminable mais, à mon humble avis, ça vaut le détour. Néamoins, si vous souhaitez ne pas le lire en entier et continuer la visite du site (surtout si vous utilisez une connexion internet facturée à la minute :-) ), je vous autorise à faire une copie de cette page sur votre disque. Biensur, cette copie ne dois être utilisée que pour un usage privé. Je vous rapelle que vos critiques sont les bienvenues, et promettez moi de revenir me visiter.

 

Introduction:

Cher visiteur, que vous ayez atterrit sur ces pages par hasard ou que vos pas aient été décidés, sachez qu’il n’y aura pas ici de poésie, de pensées, d'idées ni de réflexions, même si vous croyez en trouver. Vous ne serez même pas consolé par un beau style ou une belle présentation. Vous ne trouverez rien de logique ou de cohérent. Pas de ligne directrice, un thème qui vous capte. Ici, vous trouverez du délire, que du délire: le délire d'un fou.

Alors, cher visiteur, si vous êtes prêts à écouter les récits d’un fou étalés sur des pages qui n’existent que dans votre imagination. Si la curiosité vous incite à plonger dans cet univers inconscient. Si l’indifférence et la peur ne vous pressent pas de fuir cet endroit sans plus tarder, alors poussez la porte et entrez. Mais n'oubliez jamais durant votre visite que ceci n'est que le délire d'un fou!

 

Vie insipide
 

Je me réveille et je me rends compte que je vis encore, que je respire. Je me rappelle que je dois me lever, pour refaire les mêmes choses qu’hier et, sans doute, les mêmes que demain. Je regarde par la fenêtre et je vois cette même foule. Ces même gens qui vont et qui viennent. Indifférents à ce qui les entourent. Ils marchent vers quelques endroits, toujours les mêmes. Leurs corps se croisent mais jamais leurs regards. Jamais de sourire sur leurs visages sinon une grimace dictée par les règles de la courtoisie qu’ils s’efforcent de jouer. Ils font ça aussi naturellement qu’un chien qui bave en voyant un os, ou un serpent qui mord face au danger. Parfois ils jettent à ma fenêtre un regard furtif, feignant que je n’existe pas. Je répond par la même absence.
J’allume la télévision : toujours les mêmes émissions, toujours les mêmes informations. Des guerres dont on nous relate inlassablement les faits. Et dés que l’on commence à s’habituer à une guerre, on nous en montre une autre. Les mêmes images de souffrance, de villes en ruine de désolation sans fin: seuls les noms des lieux changent.
J’éteint le poste et je plonge dans mes rêves. Des rêves qui m’emmènent très loin. Je rêve pour oublier. Oublier ce que je suis et être ce que je ne puis . Je m’invente un monde où tout est possible, où tout est facile. Un monde que je fais et défais à la guise de mon inspiration. Je savoure alors quelques moments de plaisir. Un court moment de bonheur. Une joie, qu’un klaxon dans la rue, un bruit qui se détache de la foule, vient m’enlever. l’éphémère nuage sur lequel je voguais se dissipe et je retombe sur terre. Cette terre dure et rude.
La journée est passée. Une journée comme tant d’autres. Une journée où j’ai attendu que le soleil brille mais que seuls les nuages de la désillusion ont meublés. Je retourne alors dormir pour me réveiller le lendemain et me rendre compte que je vis encore, encore et encore. Je me dis alors qu'un jour, je cesserai de respirer. Je n'aurai plus alors à me réveiller, à manger, à regarder la foule, à rêver...

Qu'est ce que je ferai alors? Existerai-je encore? Je serais du néant?

 

 

Le néant

 

Mais qu'es ce que le néant. Est-ce que c’est le nom qu'on donne à quelque chose qui existe mais qu'on ne ressent pas ou est-ce que c'est le nom qu'on donne aux choses qui n'existent pas ? Et qu’est ce qui resterait de moi. Rien que ce corps qu’on s’est empressé de mettre sous terre, pour ne plus avoir à s’en souvenir. Et cette âme qui l’a habité ? Ainsi tous ce qu’elle a vécu sera perdue à tout jamais ? Toutes ses souffrances enterrées avec ce corps froid, inerte, sans vie, sans âme ? Les vers qui viendront le dévorer pour n’en laisser que de vieux os que le temps saura finir. Les passant devant cette tombe que les années aurons talée. L’herbe qui poussera tout au tour et finira par voiler. Je ne serai plus là pour leur parler. Je ne serai plus rien pour leur raconter. Leur dire qu’il fût un temps où ce corps vivait. Leur dire combien j’étais futile et sot. Leur dire combien je regrette de n’avoir pas souri à ces gens qui passaient sous ma fenêtre. Ils m’auraient peut être souri à leur tour. Peut être cherchaient-ils dans mon regard un signe d’espoir, un signe d’amour, un signe que je leur ai toujours refusé. Croyant, par égoïsme pur, que c’était à eux de faire ce premier pas. Je ne pourrai plus regretter d’avoir toujours voulu prendre sans jamais donner. Vivre heureux sans rien faire pour le mériter. Me lamenter sur mon sort, souhaiter ma propre mort et oublier que je vis encore.

Si je devais ne plus exister ou ne plus être, je préfère retourner à la vie. Je préfère refaire chaque jour les mêmes choses que ne plus rien faire du tous. Peut être qu’un jour je me rendrai compte de la chance que j’ai de respirer. Réaliser que j’existe, que je suis, si ce n’est pour les autres alors pour moi.

Et si j'existais encore? Je suis en enfer?

 

 

L'enfer

 

Mon âme est torturée. Je hurle de douleur mais personne n’entend mes cris. Je suffoque de la chaleur des flammes, je caille de la froideur des indifférents. J'entends des cris venant du fond des puits. Là où les âmes sont damnées, là où l'on regrette ses torts, là où l'on se dit "et si nous avions eu une seconde chance". La seconde chance on l'a eu. On l'a même eu plusieurs fois. A chaque instant qui passait de notre vie, à chacun de nos soupirs, c'était une seconde chance. Mais on les a gâché à trop attendre de demain sans rien faire aujourd’hui. Maintenant on paie. On paie pour ce qu'on a fait, on paie pour ce qu'on n'a pas fait.

Quand on souffre, qu’on est malheureux, on s’imagine toujours qu’il n’y a pas pire souffrance. On se plait à croire qu’on a pas de chance, que le sort s’acharne sur nous. On a vu le pire et rien de pire ne peut nous arriver. Nous sommes pauvres et impuissant, on ne mérite pas ce qui nous arrive, c’est injuste... Je réalise maintenant la légèreté de nos jugement. Car quand je ressens les coups de fouet déchirer mon âme. Quand je cris, mais que je n'entends pas ma voix, quand je pleure mais ne trouve plus mes larmes, je me dis: " Y a -t-il pire souffrance? ". Oui, il y a! Pire, je revis ma vie. Cette ancienne vie que je n'aimais pas, que je méprisais. Je la revis et en pire car cette fois elle ne s'arrêtera plus, car cette fois je ne pourrai plus rêver, cette fois je ne pourrai plus me réveiller, cette fois je ne pourrai plus espérer.

Mais si je ne suis  pas en enfer... je suis au paradis?

 

 

Le paradis

 

A moi tous les plaisirs! A moi toutes les joies! L'harmonie, la paix de l'âme, le repos de l'esprit. J'y suis et j'y reste, pour l'éternité. Les étoiles qui pendent comme des lustres de cristal et que je fais briller au ciel de mon esprit. Un ciel où voguent les anges dans une danse offrant enchantement et entéléchie. Ni souffrance, ni pleures, que des visages qui sourient. Tous ce que je regarde devient lumineux, comme par magie. Je marche, et sur les traces de mes pas, naissent des fleurs au parfum délicat.

Je m’approche de l’ange et je lui demande :

- Pourquoi avons-nous été créait ? pourquoi le monde avec toutes ses peines et ses absurdités ? pourquoi le bien et le mal alors que le bien nous suffisait ? pourquoi les larmes puisqu’ il fallait à chaque fois les sécher ? pourquoi les proches puisqu’on devait les pleurer ? Pourquoi les corps puisqu’il fallait les enterrer ? Pourquoi la vie ?

- Mais pour vivre !

Faut-il mourir pour réaliser que le pourquoi de la vie c’est la vie elle même ? faut-il mourir pour découvrir que le secret de la vie se trouve en nous ?

Ou alors serai-je réincarné? Mais en quoi? en dauphin?

 

 

Le dauphin
 

Je parcourrai les océans, je nagerai dans toutes les mers, je plongerai, je respirerai le bonheur. Je croiserai les bateaux, je me lierai d'amitié avec les hommes que j' accompagnerai pendant des miles. J'apprécierai surtout la compagnie des enfants. Je les porterai sur mon dos et ferai avec eux des ballades. Ils seront tout heureux d'être avec moi. Je leur parlerai de mes voyages en mer, de mes aventures, des îles que jamais un humain n'a visité. Ils me raconterons leurs aventures, leurs problèmes, mais aussi leurs rêves et leurs espoirs. Ce qu’ils voudrons faire quand ils seront adultes. Leur désir de changer ce monde, de le rendre meilleur.

Ils me rappelleront la pluie qui tombe sur la mer. Cette goutte de pluie claire et radieuse. Je la vois tomber du haut du ciel, presser qu’elle est de toucher la mer. Elle espère pouvoir la changer, l’adoucir, lever ce voile opaque qui cache la richesse de son fond et ne laisse entrevoir que sa beauté superficielle. Elle espère montrer aux autres gouttes de la mer combien le fond est beau, combien le fond est bon. Oh! combien j’en ai vue de ses gouttes de pluie qui croient pouvoir à elles seules changer le cour des choses. Mais à peine a-t-elle touché la mer qu’elle perd sa lumière, sa douceur, son innocence, son éclat. Très vite elle perd son essence et fond dans la masse. Elle devient une goutte d’eau de mer parmi des milliards d’autres gouttes d’eau de mer. Elle oubli alors ses rêves, ses espoirs. Elle oubli même ses origines, son histoire. Comme les autres gouttes ont oublié !

Elles ont oublié quand, il y a très longtemps, elles sont venues du ciel, pures, angéliques, cristallines et fraîches. Mais en touchant la terre, elles ont été séduites par le goût du sel. Chacune voulait en posséder un peu. Mais plus elles en prenaient, plus elles en voulaient encore. Poussées par leur cupidité, elles ont absorbé tous ce qu’elles ont pues. Au point de perdre leur douceur et leur beauté. Au point d’oublié ce qu’elles se sont promis en venant sur terre, au point d’oublié leur vérité. Certaines ont eu plus de chance. Elles sont venues dans des endroits où il n’y avait pas de sel. Loin des tentations, elles ont alors formé fleuves et rivières. Elles ont serpenté la terre dans tous ses sens et semées sur leur passage la vie. Sur leurs bords ont poussé des roseaux, des rizières, des villes. Mais apprenant par le vent la richesse des autres gouttes, elles ont pris leur chemin. Dans une course effrénée vers cette fortune, elles ont délaissé tous le bien quelles ont fait derrières. Parfois même, poussées par la jalousie et l’envie, cherchant la luxure à tout prix, elles ont inondé sur leur passage les champs et les vallées, tuant en quelques heures, ce quelles ont construit pendant des siècles. D’autres encore, se sont faufilé dans les entrailles de la terre. Enfermées dans leur enclos, elles sont resté sourdent à ce qui se passe dehors. Jusqu’au jour où, pressées par le poids et la lourdeur de l’extérieur elles ont bondi vers une lumière qu’elle n’atteindront jamais. Elles sont retombé très vite sur terre et ont suivi leurs semblables. Pour être rester trop longtemps dans une obscurité où la moindre petite lueur paraissait comme le plus éclatant des soleils ou la plus divine des manifestations. Eblouies par la lumière du jour, elles se sont empressé d’absorber le sel qui les rend opaques, insensibles à cette lumière.

Elles oublient toutes qu’un jour, éprouvées par le vent et le soleil, elles devront retourner au ciel et laisser le sel sur terre.

Je reprendrai le large. Et je continuerai à errer dans les océans, remontant du sud au nord, puis retournant au sud à nouveau. Mais un jour, je serai lasse de nager, d'avoir à remonter à la surface pour respirer, à accompagner les bateaux, à jouer avec les autres dauphins, à fuir les requins. Peut être aussi que je terminerais mes jours dans le plat d'un fin gourmet, ou dans le laboratoire d'un illuminé. J'aurais tout oublié de mon ancienne vie, oublié le goût des fruits, les tables de classes, les parties de football...

Mais si j'étais autre chose. Un papillon?

 

 

Le papillon

 

Je ramperai sur les branches des arbres. Je me confondrai dans le paysage qui m'entoure, j’attendrai dans un cocon avant d'éclater à la vie. Alors je volerai ! J'irai de fleur en fleur, de jardin en jardin. J'égaierai de ma présence les yeux des gens, j'embellirai de mes couleurs l'habit du printemps. J'effacerai des esprits les dernières traces de l'hiver, je leur rappellerai les joies de la vie. Je volerai dans les champs, je délecterai le nectar des fleurs qui par moi revivront. Je vivrais intensément chaque instant, je le savourerai pleinement. Chaque jour est unique. Il est vécu comme si c’était le dernier, et un jour, se sera le dernier. Car elle est courte la vie d'un papillon. Quelques jours pour ensuite finir dans la collection d'un humain que j’aurais fasciné, ou être traîné par le vent jusqu'à ce que mon habit se déchire, s'éparpille dans tous les coins et que revienne l'hiver pour faire oublier que j'ai existé. Comme s'il se vengeait de moi pour l'avoir fait oublié.

Mais peut être que je serai un oiseau. Serais-je un rapace?

 

 

Le rapace

 

Je me jetterai sur mes proies comme un éclair, je savourerai leur viande fraîche. Je les tiendrai entre mes griffes jusqu’à ce qu’ils aient rendu leur dernier souffle. Je lirai dans leurs yeux la terreur qui les emporte en devinant ma présence. Je ferai planer l'ombre de la peur sur les steppes. Je tuerai pour vivre… je suis obligé de tuer pour vivre. Je ne le fais pas pour le plaisir, pour l’amusement. Je le fais pour continuer à vivre et faire vivre les miens. Chaque vie que je prend prolonge la mienne. Mais je ne prend pas la vie, je ne prend pas l’âme : je ne prend que le corps. Pourquoi suis-je obliger de tuer pour vivre ?

Et si je n'étais pas obligé de tuer, si j'étais un charognard?

 

 

Le charognard

 

Je serai comme un vautour, guettant l'ombre de la mort qui s'abattra sur les animaux. Je souhaiterai presque leur trépas. Je me plairai à les voir rendre leur dernier souffle, je m’extasierai de joie en les voyant, enfin, inanimé, sans vie. Je me précipiterai alors sur eux, je les dévorerai en entier, je me disputerai leurs morceaux avec mes semblables, sous l'œil indiscret d'une caméra qui n'aurait rien fait pour changer le cours des choses, cherchant la force de l'image, l'argent qui en découlera au détriment de la vie. C’est vrai, l’humain s’est interdit de s’immiscer dans les affaires de la nature. Lui, il n’intervient que pour tuer par plaisir, abattre des forêts, faire dévier le cours des fleuves. Semer la désolation et le KO.

Je poursuivrai mon voyage. J’irai de plaine en plaine, suivant partout la mort. L’accompagnant dans tout ses périples. Jusqu'au jour où je verrai l'ombre de la mort approcher. Je jubilerai alors pour un énième festin, mais je ne le savourerai pas. car cette fois, la mort est venue pour moi. Je ressentirai alors ce que mes proies ont dû ressentir: la peur, la détresse pour ceux qui voulaient encore vivre, la délivrance et le soulagement pour ceux qui n'en pouvait plus.

Mais peut être que je serai un oiseaux ?

 

 

L'oiseau

 

 

Je serai un oiseau qui se nourrit de graines, d'amour et d'eau fraîche... Oui, je me souviens! Je me vois encore, volant au-dessus des villes, planant sur les hauts des collines, traversant les océans et les terres. Je me vois encore suivre le cours des rivières qui se jettent dans les bras de la mer. Je me vois survoler des forêts verdoyantes, écouter les chants des oiseaux, les rires des enfants. Et ce n'était pas un rêve, ce n'était pas une hallucination. J’ai volé si haut que je repoussais à chaque battement de mes ailes les limites du ciel. Je caressais de mon corps les rayons du soleil, je chatouillais avec mes plumes la lune qui m'esquissait un beau sourire. Je voyais son visage argenté sur la surface des lacs. Que leur eau était claire, que leur beauté était profonde. Je frôlais leur surface, et je m'y voyais tout heureux, si plein de vie. Je remontais par les courants d'air chauds et doux. J'allais vers les mers que le soleil dorait par sa lumière et que le ciel habillait par sa couleur. Oui, je me souviens. J'ai volé le long des côtes. J'ai vu des couleurs une harmonie: or, vert, azur et j'en oublie. Je voyais de la haut le monde et il était si beau. Les gens étaient si minuscules et pourtant grouillaient de vie. Comme des fourmis après une nuit de pluie. La nuit! Je me plaisais à aller vers les étoiles que je n'atteignais jamais mais que je dépassais. Je suis monté encore plus haut que toutes les cimes, l'Everest et K2. J'ai vu les gens jubilaient en atteignant leurs sommets. Ce n'était pas un rêve, ce n'était pas une hallucination. J'ai, aussi, vu la fumée montait des chemines des usines mais je préfère gardait le souvenir de la fumée montant des feux de camps. Où se réchauffaient des amoureux la nuit sous les étoile. Oui j'ai vu ce feu qui réchauffait les gens, qui éclairait leurs chemins, qui les faisait vivre. Et j'ai vu en lui l'amour. Comme j'ai vu le feu qui ravageait les forêts, qui brûlait les villes, qui détruisait les temples. Et j'ai vu en lui la haine. Je suis allé dans des contrées où votre esprit n'ira jamais s'aventurer. J'ai vu des choses qu'aucun de vous ne pourra imaginer et qu’aucun mot ne saura décrire. Là où le jour côtoie la nuit. Où les fleurs ne sont jamais flétries. Et j’ai vu des paysages que nos yeux, ne peuvent pas saisir. J’ai entendu des musiques que nos oreilles ne peuvent ouïr. J'ai vu le balancement des algues au rythme des marrés, j'ai entendu le chant des vagues venues mourir au pied des rochers. Et ce n'était pas un rêve, ce n'était pas une hallucination.

J'ai aussi connu l'abîme...

 

 

L'abîme

 

Oui je me souviens. Je me souviens quand j'étais pris de désespoir, je me souviens des endroits où je suis allé. Oui, je suis allé dans les profondeurs de la nuit. Là où les rayons du soleil vous glacent, là où les âmes sont perdues. J'ai vu l’obscurité de la fin, le vide, le néant. Là où toute matière cesse d'exister, où la vie ne vient jamais. Là où plus rien n'a de goût, où tout est laid car pareil. Tout se ressemble, tous se confond. Et j'ai entendu les cris du silence, j'ai ressentis les douleurs que le temps rend infinis. Le temps. Il n'existe plus que pour vous rappeler que vous êtes fini. J'ai glissé dans le gouffre du désespoir et du doute. J'ai été emporté par les courants de la désillusion et j'ai vu. J'ai vu à travers l'opaque brouillard de la solitude, la tristesse des âmes, les pleurs, les souffrances. J’ai vue le malheur, la misère, le chagrin. Les âmes qui se cherchent sans jamais se trouver, car il n’ y a ni lieu , ni espace, que l’absence, le néant. Je suis tombé dans le trou noir. Là où tout est emprisonné, même la lumière de l'espoir: elle ne peut s'en échapper. Vous la croisez mais sans la voir ni même la deviner. Tout est froid, indifférent, triste, obscure. J'ai respiré le vide qui m'entourait, mais c'est lui qui m'a aspiré. Là bas tout est arrêté. Rien ne bouge. Même les électrons ont cessaient de graviter autour du noyau. Lassés par la répétition du même mouvement encore et encore. Ils ont perdu leur charge, leur énergie. Et j'ai vu la mort, j'ai sentis ma fin, que je n'existais plus. Je me suis dirigé vers ma mort et, sur le bord du chemin, j'ai vu l'amour qui agonisait. Je me suis arrêté et je lui ai donné ma vie.

C'est alors que j'ai crié.

 

 

La vie
 

 

Oui j'ai crié très fort. Si fort que j'ai brisé le mur du silence jusqu'à ce qu'on entende le chant des oiseaux, jusqu'à ce que la lumière ait jailli du noir pour le couvrir de son drap coloré. Oui j'ai crié: "A moi l'amour, à moi la vie". Et tout a alors repris: Les électrons, les planètes leurs mouvements, les esprits ont retrouvé leurs chemins. L'espoir est ressorti pour illuminé le monde. Oui je me rappelle de tout ce que j'ai été, je me rappelle de tout ce que je suis.

 

Je suis la lumière du jour, je suis le voile de la nuit.
Je suis l'amour qui vit en vous, je suis la haine qui n'existe plus.
Je suis l'oiseau qui vous réveille le matin, je suis le papillon qui embellie vos printemps.
Je suis la brise de l'été, je suis le sourire des bébés.
Je suis la joie des fêtes, je suis le bonheur infini.
Je suis l'inspiration des poètes, je suis la symphonie de la vie.
Je suis le passé, le présent, je suis le futur, les présages.
Je suis le rêve, je suis l'espoir, je suis l'avenir qui vous sourit.
Je suis contre la haine et la peur, contre le suicide et l'euthanasie.
Je suis l'amour et l'innocence, et je ne suis pas une utopie.
Je suis la force, je suis le courage, je suis l’assurance et l'énergie.
Je suis la raison des sages, je suis le délire d'un fou.
Je suis la tranquillité, le calme, je suis la passion à la folie.
Je suis les mots et les silences, je suis la plus belle mélodie.
Je suis vos rêves d’enfance, les prières que vous dites la nuit.
Je suis l’ombre qui vous suit en silence que seule l’obscurité détruit.
Je suis la lune, les comètes, je suis les étoiles qui scintillent.
Je suis les astres dans l’espace, je suis l'arc-en-ciel après la pluie.
Je suis les dunes du désert, je suis les ruisseaux qui grouillent de vie.
Je suis le vent errant sur terre, apportant à chaque instant,
La chaleur du désert ou la douceur des océans.
Je suis les collines, les montagnes, je suis les vallées, les campagnes.
Je suis les champs de fleurs, je suis le nectar de la vie.
Je suis les forêts verdoyantes, je suis les sources ondoyantes.
Je suis les prairies chatoyantes qui offre joie et entéléchie.
Je suis les feuilles que l'automne a jaunit, je suis la terre qui vous nourri.
Je suis le ciel que vous voyez, je suis le sol que vous piétinez.
Je suis le feu qui vous réchauffe, je suis l'eau qui vous rafraîchit.
Je suis l'espoir des vivants, je suis le guide des étourdis.
Je suis la voix des opprimés, je suis la mémoire contre l'oublie.
Je suis la paix, je suis l'amitié.
Je suis la prospérité et l'harmonie.
Je suis une poussière d'étoiles, je suis un souffle de Dieu.
Et je veux l'honorer.
A moi l'amour, à moi la vie.

 

Chaque être vivant reçoit un paquet surprise. Parfois l'emballage est tellement beau qu’on ose pas l’ouvrir de peur de le déchirer. D’autres fois il est tellement laid, qu’on fait vite de le jeter. D’autres fois encore, il est si ordinaire qu’on ne s'en rend même pas compte. Mais si on prenait le temps d’ouvrir ce paquet, de déchirer l'emballage, de voir ce qu’il y avait à l’intérieur. On y découvrira le plus beau cadeau du monde :
la vie.

 

 

 

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