Elle est partie

 

Francité

 

Elle est partie un jour d'automne
Quand tombent les feuilles sur le macadame.
J'entends encor sa voix qui résonne
Comme un violon qui rend l'âme

Je l'ai vu partir, mais sans bouger
Je suis resté à la regarder
Comme on regarde le soleil se coucher:
On sait que demain, il va se lever

Je ne savais pas qu'avant le jour
Ma nuit risquait d'être longue
Que quand on vie sans amour
Plus d'une année dure la seconde

Je ne savais pas que la nuit serait
Sans lune ni étoiles brillantes
Et que sifflerait un vent glacé
Venu des pôles de la mésentente

J'aurais voulu pouvoir lui parler
La regarder dans ses yeux qui étincellent
Lui offrir en alliance mes lais
Et lui chanter la complainte de Brel

Aujourd'hui

Je sais qu'elle ne va plus revenir
Que désormais tout est fini
Ne me reste plus que les souvenirs
Que je ressasse au soir de ma vie

Parfois je vois sa silhouette passer
Comme une ombre étincelante et fugace
Comme une ombre fuyante qui s'efface
Quand des yeux on essaye de la fixer

Je lève mon verre à ma santé
Dans l'obscurité des sous-bois
Où j'enterre mes espoirs et je bois
Mes larmes dans la coupe des regrets

 

 

 

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Le lac

Poésie

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